Le Mexique interdit la malbouffe dans les écoles.
Publié : 31 mars 2025 à 15h17 par Ludovic Vilain
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A l'heure où chez nous on débat vivement du nouveau nutriscore, au Mexique les autorités ont tranché. Pour lutter contre une obésité qui bat des records, le gouvernement a décidé de bannir des cantines scolaires toute une série de produits mal notés. En cause notamment, les aliments transformés salés et sucrés.
Depuis quelques jours maintenant il y a du nouveau sur les plateaux repas des petits mexicains. L'interdiction de la malbouffe dans les écoles du pays est en effet entrée en vigueur le samedi 29 mars, avec pour conséquence, un changement à venir dans les habitudes alimentaires. Et un objectif clair pour le gouvernement, lutter contre l'une des pires épidémies d'obésité et de diabète au monde, un triste record dont le pays se serait bien passé.
Terminées les cacahuètes au soja et au piment, finies aussi les boissons sucrées aux fruits ou les bâtonnets de couennes de porc artificielles, les produits transformés salés et sucrés ne sont plus les bienvenus dans les cantines scolaires. Autant de produits qui depuis longtemps étaient devenus des aliments de base pour des générations d'écoliers mexicains. Mais les nouvelles directives sanitaires, publiées dans un premier temps à l'automne dernier, s'appliquent donc aujourd'hui pour le bien des plus petits. Et le gouvernement mexicain salue d'ailleurs cette première victoire dans sa guerre contre l'obésité avec fierté.
Dans un message posté sur le réseau social X, le ministère de l'éducation s'est par exemple félicité en publiant le message, "Adieu la malbouffe !" et il a encouragé tous les parents du pays à le soutenir dans son combat en préparant des bons repas sains pour leurs enfants. Ailleurs dans le monde, d'autres pays regardent aussi de près ce programme engagé au Mexique pour lutter contre l'obésité. La question n'est en effet pas que locale et beaucoup d'autres populations sur la planète souffrent aussi de problèmes de santé liés à leur alimentation. L'idée du Mexique donc, de remodeler sa culture alimentaire et de reprogrammer la prochaine génération de consommateurs est surveillée de près.
Chez les voisins américains par exemple, le nouveau secrétaire d'état à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., s'est engagé, lui, à rendre l'Amérique saine à nouveau. Un mantra qui reprend le célèbre slogan de Donald Trump pendant sa campagne, le fameux " Make America Great Again". Concrètement, aux Etats-Unis, les autorités sanitaires devraient aussi cibler les aliments ultra-transformés afin de ralentir l'évolution de l'obésité et des maladies qui y sont liées. Et des mesures fortes s'imposent donc pour ralentir une croissance toujours plus rapide. En effet, selon les projections, si rien n'est fait, d'ici à 2050, ce sont 80% des adultes et 60% des adolescents qui seront concernés par des problèmes de surpoids ou d'obésité. Aujourd'hui, cela représente un total de 208 millions de personnes dans la population américaine.
Depuis quelques jours donc, au Mexique, les écoles doivent suprimer progressivement tout aliment ou boisson affichant un trop mauvais nutriscore. Là-bas il s'agit d'un logo noir qui prévient d'une teneur élevée en sucre, en sel et en matières grasses. Un système d'étiquetage qui date de 2020. En plus de cela, les cantines scolaires ont maintenant l'obligation de proposer des alternatives jugées plus saines pour les enfants, comme des tacos aux haricots, et pour la boisson, elles doivent servir de l'eau potable sans saveur ajoutée. Des nouveautés dans l'assiette qui sont soutenues au plus haut niveau de l'état. Claudia Sheinbaum, la présidente mexicaine s'est elle-même exprimée pour défendre cette interdiction de la malbouffe, et elle a déclaré : "Il vaut bien mieux manger un taco aux haricots qu'un paquet de chips."