Le Chili dépénalise partiellement l’avortement

07 août 2017
Par Maud Tambellini
Le Chili était l’un des rares pays à interdire encore totalement l’avortement, même en cas de viol. Mais après plusieurs semaines de manifestations dans la rue et de débats houleux entre parlementaires, la loi a finalement été adoptée.

Chili, meilleur et pire exemple en la matière

Si l’actualité sud-américaine est fortement marquée, ces derniers temps, par la situation inquiétante au Venezuela, il y a aussi de bonnes nouvelles. Comme cette adoption par le Chili de la dépénalisation partielle de l’avortement.

Etonnement, le pays avait été l’un des premiers au monde à légaliser l’avortement thérapeutique en 1931, avant que le dictateur Augusto Pinochet n’accède au pouvoir et interdise formellement l’IVG en 1989.

C’était donc assez ironiquement, en 2017, l’un des rares pays au monde à refuser ce qu’en France on rembourse à 100%. A noter qu’au total une vingtaine de pays continuent d’interdire totalement l’avortement sous peine de prison. C’est le cas notamment du Salvador, du Congo mais aussi de Malte sur le continent européen.

Une promesse de campagne de Michelle Bachelet

En tout cas, c’était une promesse de campagne de la présidente chilienne qui terminera son deuxième mandat l’année prochaine. Cette dépénalisation partielle permet aux femmes de recourir à l’avortement en cas de viol, de danger pour leur santé ou de non-viabilité du fœtus.

Pour les associations féministes c’est un premier pas vers une dépénalisation totale de l’IVG dans le pays. Mais la situation ne semble pas si simple ; le Chili étant un pays très catholique. D’ailleurs, selon plusieurs enquêtes d’opinion, seulement 15% de la population serait pour.

En prime, à peine adoptée par le congrès chilien, la loi fait déjà l’objet d’un recours devant le Tribunal Constitutionnel. C’est à la demande des parlementaires conservateurs de droite qui estiment le texte contraire au principe du droit à la vie inscrit dans la Constitution. Le tribunal doit statuer ce mardi 8 aout sur la recevabilité de la demande.